Arts martiaux : légendes, histoires et réalités

Chan et Zen

Le 09 janvier 2010 à 19:03 dans Général, 88 lectures

Le zen est à la mode en Occident. La publicité s’en est emparée. Les commerces en font leur choux gras. Pas un individu cultivé ne semble l’ignorer. On parle zen, on mange zen, on dort zen, on pense zen, on s’habille zen, on s’aime zen et sans haine et surtout sans « zène » pardon je voulais dire sans gène. Mais d’aucuns semblent oublier la nature même du zen. Beaucoup semble croire que ce courant de pensée émerge au Japon. Loin s’en faut. Si le Japon a su le mettre en avant c’est surtout de par sa culture hautement raffinée qui traduit tout dans cet esprit qui lui est propre celui de la beauté, du parfait et de l’exquis.


Mais le zen relève surtout du Chan qui se réfère à la branche du bouddhisme du Mahayana ou Grand Véhicule. Vers le début du VIème siècle un moine indien du nom de Boddhidharma (v. 460-534 ), Pu Ti Damo pour les Chinois, Daruma Taishi pour les Japonais, l’amena en Chine avant qu’il ne migre à la fin du XIIème siècle au Pays du Soleil Levant où, influencé par des conceptions du Shinto il se transforma en zen-shou en japonais ou tout simplement Bouddhisme-zen.


Ce qu’il faut savoir c’est que dérivant du sanscrit Dhyana que l’on traduit par « absorption » ce concept d’origine avant tout hindouiste tend à la concentration méditative du sans but afin d’atteindre l’Eveil que d’aucuns selon leur appartenance traduiraient par Boddhi, samadhi, ou encore satori… avec tout ce que cela suppose d'appréhension de l'univers.

Il est une histoire qui raconte que Boddhidharma interrogé par l’empereur Chinois Wu de la dynastie des Liang ( empereur de 502-549 ) n’accorde aucun mérite au souverain pour ses actions accomplies en faveur du bouddhisme et lorsque celui-ci lui demande courroucé de par son attitude non moins emprunt d’aplomb qui il est lui qui se tient devant le monarque, le moine lui répond toujours aussi calme : « je ne sais pas » avant de s’en aller vers, dit-on, le temple Shaolin dans lequel il ne pourra rentrer qu’au bout de neuf ans de méditation assis face à un mur.


Dhyana, Chan, zen autant d’expressions pour signifier la méditation sans but, un état conscient de vide absolu chose presque impossible au commun des mortels que nous sommes tant le vide nous donne le vertige.


Certains croient aussi qu’il suffit de se mettre en zazen pour atteindre cet état mais comme nous le dit les propos que l’on prête toujours à Damo, « s’il suffisait de se mettre en zazen pour atteindre l’Eveil, les grenouilles et les crapauds en seraient déjà experts ».

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